À propos de Josselin Vignand

 

Diplômé en photographie à la SEPR de Lyon en 1996 et formé à l'école de l'argentique, j'ai d'abord exercé comme photographe professionnel avant de choisir de poser mes boîtiers. Confronté aux réalités économiques et à une passion peu à peu étouffée par les impératifs de rentabilité, j'ai préféré m'éloigner du métier.

Pendant près de vingt ans, j'ai travaillé de mes mains : ouvrier, soudeur, fabricant de meubles. Une autre manière de créer, de façonner la matière, tout en conservant intacte une profonde sensibilité humaniste.

En 2022, un reportage dans l'est de l'Inde a marqué mes retrouvailles avec la photographie. Mon parcours d'artisan et d'ouvrier a naturellement guidé mon regard vers celles et ceux que l'on voit si peu : les travailleurs de l'ombre, les communautés marginalisées, les peuples dont le quotidien se construit dans l'effort et la discrétion.

Face à eux, je n'étais pas un simple observateur. Dans leurs regards, j'ai reconnu la dignité, la fierté silencieuse et la force de celles et ceux qui bâtissent le monde de leurs mains. Cette résonance intime est devenue une profonde leçon d'humilité et a redonné un sens à ma pratique photographique.

Aujourd'hui, de l'Inde à Madagascar, du Maroc aux routes d'Europe et au-delà, je poursuis une quête documentaire centrée sur les racines des peuples, la vérité de l'enfance et la noblesse des gestes du quotidien. Mon travail cherche moins à témoigner de la misère qu'à révéler la dignité, la résilience et l'humanité de ceux que l'on regarde trop rarement.